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 SOMMAIRE 

Tambour (14.01.02)

lumire grise de mmoire
toujours la mme

portes closes comme paupires
sur le ralenti de vivre

postier irlandais vingt ans tu
israliens palestiniens
algriens morts

lumire grise du jour

visage de rides
temps crit force
mais peau flasque
dans ses plis
presque masque

*

tambour encore cur sourd
pulsant lent
le sang jusqu leau verte
en ce pays de pluie

tam-tam perdu
sous le tohu-bohu dehors
contretemps et grave

basse continue
sous le temps la btise
bave

basse immense encore des peaux
qui vibrent
vives

et tremblent

*

sous le choc
il y a eu un creusement
et moins dair

on accuse le coup
sans lavoir vu venir

peu de souffle peau bleue
le plus souvent
en fin de jour

vestiaire douche repos
entre quatre murs
sans porte crne
ou chambre forte

plus rien ne peut venir
mais on repasse le match en boucle
cest fatigant aussi
le quotidien

*

peau fripe dfroque
encore tendue sur sa cage
dos qui bouge et suffit pour faire
figure au jour le jour

peau laisse l
on nen change pas

seule la tte va
vague dans la lumire du soir

la tte hors
de leau

et puis retour reprendre le corps
l o lourd on lavait laiss
tomber

bien forc

*

plaque entre
un double battement
de cur de monde
sensible

violence dehors venant
frapper le corps ou bien
douleur dedans mmoire
elle vient heurter
de lintrieur
le cuir

passe vivre

de plus en plus tnu le son
avec la nuit se fond
faible on ferme on rgle
au plus juste la tension
jusqu laigu continu
silence

*

fine
avec lge
quasi vernis sur chair blme
et bleus violets

une bonne partie de la nuit
tambour bas
dans le noir de la nuit

il y aura un bout du corps une fin
pour lheure
a tient on se demande comment

un gong obstin
parmi ce qui crie et hurle et chuchote et murmure et susurre et chante et gmit et appelle injurie et profre et discourt et bavarde et geint bgaie radote et harangue et discute et se tait gueule engueule et reste muet
tout autour

*

la peau reste
aprs la voix

aprs la peau
on ne sait pas

on pense quelque chose
comme rien
on ne peut pas penser en fait
aprs la peau
ni avant

on reste en de
de a
tant quon peut

*

ltroit
on ne sy fait pas

rares moments de peau
sur mesure
trs rares

temps martelant
son peu dhistoire

temps qui bat faux
sur une caisse
claire on ne sait mais sre
caisse au bout
avec peau et tout
ferme


lumire grise de mmoire
toujours la mme

portes closes comme paupires
sur le ralenti de vivre

postier irlandais vingt ans tu
israliens palestiniens
algriens morts

lumire grise du jour

visage de rides
temps crit force
mais peau flasque
dans ses plis
presque masque

 *

tambour encore cur sourd ...

[ Antoine Emaz, K.-O. ]